La deuxième étape s'achève : la majorité des élèves est arrivée au bout de la biographie sur laquelle ils ont travaillé au cours des séances de ce 3e trimestre. Malgré l'absence de compte rendu pour les séances intervenues depuis deux mois, ils n'ont pas chômé.

Ils ont été confrontés à de multiples difficultés : le trop peu ou le trop plein d'informations, utiliser des informations dans une logique historique, chronologique et narrative. Certains ont pris un plaisir non dissmulé à partir à la recherche de la vie d'un ancêtre inconnu jusqu'alors ; d'autres ont eu plus de mal à trouver de l'intérêt à ce qui était au final un simple exercice scolaire.

Voici une sélection de trois textes rédigés par les élèves. Avec un petit bonus en prime dû aux pinceaux de Stéphan Agosto. Un grand merci à Stéphan pour ce cadeau.

Bonne lecture

B. C.


06A Amandine

Je n'ai pas connu mon grand-père. Et je n'avais même pas connaissance de mon arrière grand-père. Pourtant je suis parti à la recherche de son passé pour retracer son parcours avant, pendant et après la guerre. Je n'avais pas pensé pouvoir un jour connaître son histoire.

Mon arrière grand-père, Ernest est apparu dans ce monde le 20 novembre 1876 en Vendée. J'ai peut-être marché sur ses pas pendant mes vacances sans m'en rendre compte.

C'était un grand homme d'un mètre soixante dix et il avait des yeux gris bleu qui je le pense devaient être magnifiques. Il ne sait ni lire ni écrire comme un certain nombre de gens à cette époque.

La journée du 16 novembre 1897 a bouleversé sa vie, c'est ce jour là qu'il a été appelé pour faire son service militaire au 65ème régiment d'infanterie. C'est un soldat de deuxième classe. Il a été mis en congé plusieurs fois pour des problèmes de santé, la tuberculose ganglionnaire, dont le 2 août 1899 et le 13 juin 1900. Malgré tout il est rappelé pour faire des exercices en 1903 et en 1910 car il a été réintégré par une décision du 27 juin 1901. Il a obtenu son certificat de bonne conduite après son service militaire.

Puis il est affecté au 83ème régiment d'infanterie territorial dans lequel il est appelé à combattre par le décret de mobilisation du 1er août 1914. Il y arrive le 4 août 1914. Il a passé toutes ces années de guerre au 83ème régiment d'infanterie territoriale. Il participe probablement aux combats de Tournai, à la bataille de la Marne, à la guerre de tranchées dans les secteurs de Arras, de Baccarat, et de Nancy. Finalement, il passe au 268ème régiment territorial le 1er décembre 1918 puis il est mis en congé illimité. Pour sa participation à la guerre il obtient une médaille commémorative de la grande guerre.

Avant la guerre il était cultivateur à la Cigogne dans la commune de la Jonchère. Il a eu cinq enfants mais je ne sais rien d'eux. Il s'était marié le 29 septembre 1920 à Angelina Maindron.


Je ne sais pas quand il est décédé ni comment. Cet homme a donné naissance au côté de mon père.


04HOS Solène

Le déchirement d'une famille

Louis Ernest Ritoit rejoint le 117ème régiment d'infanterie le 8 août 1914, il a trente-trois ans quand il doit laisser sa femme et ses enfants pour aller combattre les Allemands. Destin tragique : ce gaillard d'un mètre soixante six mourra de la grippe espagnole, vingt-huit jours avant la fin de la guerre, à l'hôpital de Troyes.

Louis était  cultivateur à Précigné, petit village de la Sarthe. Il etait le fils de Louis Félix Jules Ritoit et de Moriceau Louis Françoise. Louis savait écrire, compter et lire. Il est appelé à l'activité au 102ème régiment d'infanterie le 14 novembre 1902 sous le numéro matricule 4128. Il est envoyé dans la disponibilité le 1er septembre 1903 avec son certificat de bonne conduite.

En 1906 il épouse Juliette Boteau. Il est journalier à Sablé et habite au 75 rue Saint-Nicolas quand la guerre éclate. Leur premier enfant Louis, est né le 18 octobre 1908 à Précigné, il a six ans quand son pére est parti à la guerre. Firmin est né le 19 avril 1911 toujours à Precigné. Il n'a que trois ans, quand il voit partir son père à la guerre. L'avant dernière, Madeleine est née le premier juin 1912 à Sablé. Leur dernier enfant vivant né vant son départ est André, né le 19 juillet 1913 à Sablé.

En 1917 Julliette Botteau est enceinte et le 16 mai 1918 elle met au monde Raymonde. Mais Louis ne connaîtra pas le dernier de ses enfants. Cette naissance ne lui permet pas de rentrer à Sablé : il aurait fallu 6 enfants, et le couple a perdu deux de ses sept enfants en bas âge.

Après la mort de son mari, sa veuve se remarie, avec monsieur Morin. La nouvelle famille s'installe à la Fléche au 52 rue grollière.

Que pouvaient penser Louis, Firmin, Madeleine, André et Raymonde de l'absence de leur vrai père ?


01PE Pressilia

Joseph Prosper Moissard est tué au combat le 21 mai 1917 près de Beaumont dans la Marne. Sur sa fiche matricule on peut lire la citation suivante : «cité à l'ordre du 28ème territorial d'infanterie, Soldat consciencieux et dévoué, tué à son poste en première ligne le 21 mai 1917.» A sa mort Joseph laisse sa femme et ses deux enfants Joseph Julien et Andrée Julienne. Joseph n'avait que onze ans quand son père est parti à la guerre et Andrée n'en avait que cinq : imaginaient-ils que leur père ne reviendrait pas ?

Joseph Prosper est né à Durtal (dans le Maine-et-Loire) le 20 janvier 1875, à onze heures. Ses parents s'appellent Julien Moissard et Prospérine Ségoigne. Prospérine avait vingt-un ans et Julien, lui, en avait trente-un quand ils ont eu Joseph. Ils se sont mariés au Bailleul. Son père était cultiveur comme lui.

Joseph commence son service militaire le 16 novembre 1896 et il le finit le 20 septembre 1899. Il fait son service militaire avant de se marier. Il se marie le 6 avril 1902 en Sarthe. Dans la même année, après son mariage, Joseph repart pour accomplir la 1ère période d'exercices du 25 août au 21 septembre 1902. Il repart pour la 2ème période d'exercices le 21 août 1905 qui dure 17 jours. La 3ème période d'exercices qu'il fait se déroule du 28 septembre au 6 octobre 1910.

Joseph est condamné le 6 mai 1914 par le tribunal correctionnel de La Flèche. Il doit payer vingt-cinq francs d'amende pour coups et blessures. Mais que lui est-il passé par la tête ?

Trois mois après sa condamnation Joseph est mobilisé, le 1er août 1914, et il arrive au 28ème territorial d'infanterie le 4 août. Pouvait-il imaginer qu'il ne reviendrait pas ? Il était dans un régiment qui n'aurait pas dû se trouver en première ligne car composé d'hommes agés. Pourtant le 21 mai 1917 à Beaumont il est en première ligne comme il avait dû l'être en août 1914 pendant les combats autour d'Arras. Dans la nuit du 21 mai pendant qu'il était en train de surveiller, une torpille explose à 3h30 dans le secteur des Marquises, et le tue.

Aujourd'hui, il est enterré dans la nécropole nationale de Sillery dans la Marne, tombe 2282, loin de sa famille.


A suivre...