La séance a commencé par une reprise de la précédente : collectivement, le groupe a complété la fiche de synthèse sur ce que l'on sait d'Henri Mongis (désormais, les élèves l'appellent Henri). Voici le résultat du travail :

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Henri est donc, à 23 ans, marié, père et instituteur. Il est sur les rails de la vie. Et notre introduction à la nouvelle activité a jeté le trouble dans la classe. Nous avons simplement donné le titre : "La rupture". Généralement, un brouhaha suivant une annonce est mal accepté, mais là, nous l'avons savouré. En effet, les discussions des élèves a en fait été la traduction de leur surprise et de questions liées à ce mot de rupture. Quelle est cette rupture ? Une séparation ? Les quelques bribes interceptées allaient dans ce sens. C'est donc avec curiosité qu'ils ont lu la fiche distribuée. Et la suite de la séance a vu le groupe travailler puis participer avec beaucoup de dynamisme. A tel point que la séance dura 1h45 et non 1h30.

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La consigne était simple : répondre aux questions dans l'ordre indiqué par les flèches. Pendant 20 minutes, les élèves se sont interrogés, ont cherché des indices dans le texte. Le travail en duo a donné lieu à de très beaux désaccords conduisant à des argumentations très intéressantes et riches. Pour montrer la richesse des échanges lors de la correction, les remarques pertinentes furent nombreuses, parfois dépassant nos attentes : un élève remarqua qu'il était orphelin, un autre suggéra que s'il n'était pas avec son épouse, c'est qu'elle se reposait dans sa famille suite à son accouchement (ce qui est l'explication la plus probable) !

Concernant la "rupture", ils ont abouti à quatre hypothèses :

- Il est malade et part se soigner ;- Il va se suicider ;
- Ils se séparent ;
- Il part à la guerre.

Les deux premières ont rapidement été éliminées par des contre-argumentations s'appuyant à la fois sur l'écrit d'Henri et le fait qu'il compte bien revoir sa famille. La confrontation entre la séparation de cœur et celle liée à la guerre a été plus difficile à départager, mais l'étude du vocabulaire a bien montré qu'il ne pouvait s'agir d'une séparation amoureuse. Toutefois, au moment où les élèves croyaient avoir trouvé la solution, nous avons ajouté une autre hypothèse : un départ pour travailler dans un autre pays. Proposition finalement vite rejetée par le groupe : s'il avait dû partir, il aurait eu largement le temps de passer voir sa famille. Or, il parle de "fatalité" et de son impossibilité de revoir sa famille avant son départ.

Cette lettre écrite le 2 août 1914 marque donc bien son départ à la guerre.

La conclusion a conduit à lier toutes ses informations avec la photographie. Volontairement recadrée, les élèves ont bien vu qu'il ne portait pas son costume d'instituteur et que son sourire malicieux avait laissé la place à un regard triste.

Lors des prochaines séances, les élèves découvriront les lettres et les photographies d'Henri pendant le conflit.

B. C.