Scène 2 : Des mots imprimés aux mots en images

 

Fin du premier mois d' lIDD et fin de la scène 1. Cette semaine, mise en place de la semaine 2 qui va mener les élèves vers le concret : la formation des groupes, le premier contact avec le texte qui sera la base de travail de chaque groupe et, après les vacances, le projet « 0 ».

Pour la mise en place des groupes, l'effectif de 23 élèves a permis de faire des groupes de trois et de quatre. À ce niveau, les élèves peuvent tous être actifs, sans se cacher derrière le grand nombre de participants dans le groupe. Et ce fut effectivement le cas.

En rentrant en classe, les élèves trouvèrent la salle organisée en îlots et se mirent en place. Après un bref rappel de ce qu'ils savent déjà, distribution fut faite de la fiche à compléter pendant la séance.

2014-s2-01

La première approche fut visuelle : que remarquent-ils ? Un visage. Qui est-ce ? La figurine qui servira dans les films ? Non. Nous en sommes restés là, sûrs de revenir rapidement vers cette image en filigrane.

Ensuite, ce fut la distribution du texte pour chaque groupe. Ils sont tous extraits du livre PINEAU Jacques, Lettres de guerre, 1914-1915 de Jacques Pineau cultivateur angevin, Angers, éditions AFMB, 2012.

Un texte différent pour chaque goupe, d'inégale longueur ( de 30 à 99 lignes), chacun portant sur un thème. Charge aux élèves pendant la première heure de préparer :

- une présentation pour leurs camarades de leur texte (nature, auteur, date, et résumé en quelques phrases) ;

- la liste des mots leur posant problème (ils n'ont volontairement aucun dictionnaire à leur disposition) ;

- éventuellement les pistes qu'ils commencent à envisager pour le film.

 

Le travail fut efficace et sérieux, quelle que soit la difficulté du texte. Le passage du rôle d'élèves apprenant du vocabulaire technique à celui d'acteur d'un projet qui devient nettement plus concret n'a pas dû être étranger à la motivation palpable pendant cette séance.

La dernière demi-heure fut consacrée au passage à l'oral d'un membre de chaque groupe, un d'échange suivant la présentation de chacun.

 

Voici la saisie du travail réalisé par chaque groupe :

 


Groupe 1 : Léa, Ophélie, Anaïs, Bruna

Il s'agit d'une lettre envoyée le 12 mars 1915 et écrite dans la tranchée crête de Notre-Dame de Lorette par Jacques Pineau qui est un soldat. Elle est destinée à ses parents, il leur raconte les conditions difficiles de guerre et il donne de ses nouvelles. Il leur dit qu'il va bien et que la guerre est difficile, il risque sa vie en y étant. Jacques Pineau leur décrit aussi ce qu'il voit.

 

Vocabulaire :

Pressentis ; boyaux ; gabions ; claies ; schrapnels ; jurons ; retraite ; baïonnette ; escouade ; bidoche ; amoncellement informe ; excavations

 

Pour le projet :

Pas d'idée particulière pour l'instant.

 


Groupe 2 : Alexandre, Maxence, Thibault G., Mathieu D.

Ce texte est une lettre écrite par Jacques Pineau pour ses parents. Il raconte ce qu'il se passe pendant la guerre, à quel point cette guerre est sanglante, à quel point elle est dure.

 

Vocabulaire :

Culasse ; canonnade ; crapouillauds (sic) ; aumônier : exhorta ; allocution.

 

Pour le projet :

Pas d'idée particulière pour l'instant.

 


Groupe 3 : Salomé, Océane R., Mélissa, Coralie

C'est une lettre qui est destinée aux parents de Jacques Pineau. Il participe à la guerre. Il écrit le jeudi 15 avril 1915 depuis les abris Mathis.

Il a survécu à deux ou trois jours de guerre. Il raconte ce qu'il entend, voit et fait.

 

Vocabulaire :

Crête ; Boyau ; sapes ; miner ; contre-miner ; baïonnette ; infanterie ; canonnade ; obus boche ; providentiel ; faisceau d'éclats ; imminente ; mitraille.

 

Pour le projet :

Le groupe souhaite travailler sur ce qu'il entend, sur le bruitage, axer le travail sur le son.

 


Groupe 4 : Soufiane, Quentin, Thibault, Valentin

Cela se passe à Boyeffles, le 26 avril 1915. C'est une lettre de Jacques Pineau qui est un soldat qui raconte ce qu'il vit, pour donner des nouvelles à ses parents. Il raconte que la guerre est dure car il voit des bombardements et des morts partout.

 

Vocabulaire :

Boyeffles ; boches ; disséminés.

 

Pour le projet :

Pas d'idée particulière pour l'instant.

 


Groupe 5 : Julie, Marion, Clara, Rachel

Cette lettre a été écrite le 15 mai 1915 à Notre-Dame de Lorette. Elle est destinée aux parents du soldat qui a fait la guerre. Cet homme parle de la guerre, de ce qu'il vivait. Il s'appelle Jacques Pineau.

Jacques rassure ses parents en leur expliquant ce qu'il vit et ce qui se passe à la guerre. Il leur explique que leur dernière tranchée est près des ennemis et qu'il prend beaucoup de risques. Il explique aussi qu'ils se servaient des trous d'obus pour faire des tranchées et les protéger. Mais ils prenaient beaucoup de risques car en creusant ils pouvaient se faire tuer par des balles.

Jacques et 5 de ses camarades se sont retrouvés enterrés vivants pendant un bombardement terrible. L'obus leur est tombé dessus, mais grâce à la terre, ils ont été sauvés.

 

Vocabulaire :

Les élèves ont réussi à expliquer collectivement tous les mots.

 

Pour le projet :

Malgré la bonne compréhension du texte, pas d'idée particulière pour l'instant.

 


Groupe 6 : Océane, Kévin, Matthieu

Le document est une lettre de Jacques Pineau. Il s'adresse à ses parents le 15 juin 1915. Son texte parle de lui. Ça se passe à Notre-Dame de Lorette. Il a frôlé la mort. C’est la dernière lettre qu'il a écrit. Il est décédé peu après. Ce sont ses derniers souvenirs, c'est la dernière fois qu'il embrasse ses parents.

 

Vocabulaire :

Dédale ; boyaux ; huitaine ; Artois ; compagnie ; grenadiers ; obscurité.

Pour le projet :

Faire un film triste, avec une musique triste.

 


 

Ainsi, tous ces textes sont des lettres d'un jeune soldat, Jacques Pineau, l'homme qui apparaissait en filigrane sur leur fiche de travail. La boucle est bouclée.

Les difficultés observées ouvre des perspectives pour la prochaine séance. En effet, l'absence de maîtrise du vocabulaire spécifique de la guerre de tranché est nettement visible.

La semaine prochaine, nous travaillerons sur ce vocabulaire afin qu'il devienne clair pour les élèves et qu'ils puissent simplement comprendre les textes. C'est également un problème car les élèves ayant du mal à comprendre le sens global de leur texte, ils ne peuvent évidemment pas se projeter dans une ébauche de projet.

L'apprentissage de ce nouveau vocabulaire se fera surtout à l'aide de photographies afin que les élèves aient aussi des images précises de ce qu'était ce type de guerre en 1915.

Pour le vocabulaire autre, nous fournirons un dictionnaire.

 

B. C.