Dernière séance avant les vacances, dernière séance pour découvrir le parcours de Joseph Degaugue pendant la Première Guerre mondiale. La reprise du travail de chaque groupe s'est achevée. Voici la suite du récit.

Bonne lecture,

B. C.


Groupe 2 :

Dans les tranchées de Berry-au-Bac (cote 108)

Malheureusement, la guerre ne s'est pas finie comme il l'espérait. Joseph et son régiment se retrouvent en première ligne à la cote 108 le 22 octobre. Les Allemands attaquent après un bombardement intense, « Depuis midi jusque le soir, plus de 200 marmites de 105 sont lancés sur notre tranchée. Tout s'éboule. Tout le monde est abruti. J'ai peine à contenir les hommes. » Joseph raconte : « Je regarde au-dessus de la tranchée. Les Allemands arrivent à l'assaut. Je donne l'alarme. Hélas les hommes s'enfuient, me bousculent, me piétinent. Au dernier obus, les Allemands, officier en tête, sautent dans la tranchée. Grisé, je tire au moins 300 cartouches. Les balles sifflent autour de moi. ». Les Français doivent se replier et, le soir même, ils doivent récupérer la tranchée perdue. C'est un échec car ils ne réussissent pas à reprendre leur tranchée.

 

La guerre : une expérience traumatisante

Dans son carnet, Joseph écrit des expériences traumatisantes qu'il a vécue. Le 25 octobre, il écrit dans son carnet que la veille, il s'est couché sur un cadavre en décomposition. « Les cadavres sont là depuis 2 mois. Hier, en tirailleur, je me suis couché sur l'un d'eux. Le pantalon s'est empli d'huile humaine en même temps que j'entendais un bruit d'eau. Un pied dépasse de la tranchée. »

Cette situation cauchemardesque est fréquente pour tous les « poilus » et cela choque Joseph. Le mardi 20 avril 1915, il réécrit : « Devant nous entre les lignes il y a les morts de l'attaque du 16 février et de l'attaque de septembre. Cela sent mauvais. Les corbeaux viennent les becqueter. C'est horrible ».

Il est courageux car il n'hésite pas à aller en patrouilles. Mais il est confronté aux cadavres, aux morts, aux odeurs : « Je vais en patrouille (…) On rampe, on se faufile, on s'arrête, on écoute (…) On arrive près des fils de fer ennemis au milieu des cadavres. Quelle odeur ! On ramène un vieux sac. Quand je le prends l'homme tombe. C'est un sac de septembre 1914. Aucune indication sur le soldat décomposé. Le sac contenait entre autre du linge percé de plus de 200 balles, du tabac, du savon, de l'amadou. Pour prouver qu'on a exécuté la patrouille, il faut rapporter de tels témoignages. »

 

La solitude de Joseph

Le 27 janvier 1915, il apprend le décès de son meilleur ami, Albert Lecerf. Alors qu'il avait reçu de ses nouvelles le 8 décembre, lettre dans laquelle Albert avait écrit textuellement « As-tu peur d'écrire à un mort ? » sur le ton de l'humour. Triste réalité : quand Joseph reçoit la lettre de son ami Albert est déjà mort ! Albert n'est que le premier de la liste des amis de Joseph qui vont mourir à la guerre : « J'apprends la mort de mes camarades d'EN Lebeau, Plez, Masse, Rousseau, Humez. »

Il n'a pas vu sa mère depuis le 14 juillet, son père depuis le mois d'août 1914. Ses parents sont dans la zone envahie par les Allemands. Joseph reçoit enfin des nouvelles de ses parents le 10 octobre 1914 : « Comme cela m'a fait plaisir de les savoir vivants et en bonne santé ».

En 1915, il suit son régiment dans les combats du Luxembourg en Champagne (février 1915), à Quennièvres le 16 juin 1915, avant de retourner à Berry-au-Bac jusqu'en octobre.

 


Groupe 3 :

Transfert vers l'Orient

Joseph et son régiment sont transférés en Grèce alors qu'ils combattaient en France. Ils ont traversé la France. Ils quittent Colomiers le samedi 30 octobre 1915 aux alentours de vingt heures. Le voyage se passe dans un wagon à bestiaux, dans des conditions difficiles. Ils ont dû supporter la pluie qui pénétrait dans le wagon. Ils traversent Carcassonne, Béziers, Montpellier et se dirigent vers Toulon. Vers huit heures du matin, le lundi 1er novembre 1915, Joseph et son régiment arrivent dans le port de Toulon. Joseph et son régiment embarquent sur le bateau « Le Savoie ».

Cinq jours plus tard, ils arrivent en rade de Salonique (en Grèce) vers sept heures du matin. Joseph n'a jamais été malade car il s'est bien habitué au tangage et au roulis. Il regrette que la traversée soit si courte : 3 000 kilomètres en cinq jours, soit 600 kilomètres par jour.

Le 18 novembre 1915, il apprend qu'un ami de Denain a été tué lors de l'attaque du 14 novembre. Il pleut toute la journée. Les conditions de vie de ce mois de novembre sont mauvaises : Joseph souffre du froid et de la pluie car il n'est pas habillé chaudement. Si son travail est de faire des croquis panoramiques (carte), il court néanmoins des risques. Pour preuve, un autre de ses amis est tué le 19.

Joseph et son régiment, face aux Bulgares doivent battre en retraite après des combats acharnés.

 


Groupe 4 :

Sur le front grec en 1916

En 1916, il est dans la Macédoine grecque. Son régiment reçoit pour mission de défendre un secteur à côté de Salonique. Pendant plusieurs mois la situation reste stationnaire. Les conditions de vie sont difficiles en Grèce : en été, les températures s'élèvent entre 38 et 40 degrés à l'ombre, et en automne, la pluie inonde les tranchées.

Les combats reprennent en 1917. Le 1er juin, Joseph est blessé.

 


Groupe 5 :

La blessure

Il est touché à la cuisse gauche qui est traversée par un éclat d'obus. Une sensation de brûlure, il comprend qu'il est blessé. Son sens du devoir lui dicte de rester dans la tranchée malgré les ordres de son supérieur. Il écrit dans son carnet « ... ».

Joseph sait qu'il pourrait être une gêne pour ses camarades et que sa blessure pourrait s'aggraver : il accepte de se rendre au poste de secours. Il est éloigné du combat pendant plusieurs mois.

 


Groupe 6 :

Embusqué au contrôle postal

Après sa blessure, au cours du mois d'août, Joseph rencontre le sous-lieutenant Laire par hasard à un concert de musique italienne. Joseph lui demande s'il aurait une « petite place pour lui », pour éviter de retourner au front. Il lui propose de travailler dans son bureau du contrôle postal et Joseph l'accepte. Son travail consiste à vérifier si les personnes qui envoient des lettres disent où elles se battent. Il les vérifie en les ouvrant et à la fin il les referme.

Il sait qu'il a une position privilégiée : il est un embusqué. Un embusqué c'est un militaire affecté à un poste sans danger. Il n'écrit plus ses carnets car il n'est plus dans l'action. Il ne reprend ses carnets qu'en 1919.

 


Groupe 7 :

Retour en France

Joseph a eu une permission de 96 jours le 31 octobre 1918 car il n'avait pas pris de congé militaire depuis le 15 août 1915. Le 31 octobre 1915, il avait quitté Toulon. Le trajet retour depuis Salonique est long en train et en automobile. Il trouve le paysage splendide. Il embarque à Itéa qui est un port près de Delphes, traversant la mer Adriatique. Après la traversée, Joseph débarque près de Tarente. Il traverse l'Italie via Poggia, le Vésuve, Caserte, Rome, Livourne et arrive chez ses amis qui habitent à Hyères, dans le sud de la France.

Joseph est malade et est admis à l'hôpital sur la route de Toulon. Les docteurs diagnostiquent la grippe espagnole. La maladie est très dangereuse parce qu'il y a beaucoup de décès.

Avant d'être démobilisé, il voyage et visite Rambouillet, Chartres, Nogent-le-Rotrou, Le Mans, Laval et Vitré.

Pour lui, la guerre se termine en 1919.

 


Groupe 8 :

Seul.

Joseph Degaugue apprend la mort de sa mère par une lettre de Madame Gustave Cossaux Dupret qui lui dit qu'elle est morte au mois de janvier 1917. Il apprend sa mort huit mois après, c'est à dire au mois d'août 1917. Quand il reçoit sa lettre, Joseph est choqué car il a une relation fusionnelle avec sa mère. Il a courru des dangers mais c'est sa mère qui meurt. La dernière fois qu'il l'avait vue c'était sur le quai de la gare le 14 juillet 1914. A la fin de la guerre, Joseph se retrouve seul : il a perdu les gens qu'il aimait.