Cette intense semaine pour l'IDD s'achève : après la visite aux archives départementales de la Sarthe mardi, la première séance de travail sur les ancêtres des élèves jeudi, aujourd'hui, à l'occasion des portes ouvertes du collège a été présenté le résultat du travail des élèves sur Marcel Dixneuf.

Le résultat pourra paraître modeste au regard de la quantité de documents disponibles. Il faut toutefois rappeler que nos élèves il y a encore quelques mois ne connaissaient pratiquement rien de la Première Guerre mondiale et que chaque élément rencontré était source de nombreuses interrogations. Qui plus est, écrire n'est pas un acte simple pour nos élèves de 14 ans, surtout quand on demande de raconter une vie, d'y mettre plus qu'une simple chronologie. Il y a donc certains éléments du parcours de Marcel qui n'apparaissent pas, tout comme des détails de son quotidien de soldat qui auraient mérité plus d'attention. Ainsi, la date de réception de son pantalon de rechange pour remplacer celui qu'il portait depuis d'août 1914, son passage à la formation d'une compagnie de soldats américains en 1917 sont ils absents de sa biographie. Il n'a pas été possible de tout utiliser, hélas. Nos élèves n'ont malgré tout pas à rougir du résultat que Solène, Marine, Pressilia et Angélique ont passé la matinée à présenter aux familles venues visiter le collège.

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Chaque panneau représente le travail d'un groupe, sur une partie du parcours de Marcel, à l'exception du groupe "1917" qui en a fait deux. Le contenu des panneaux a été regroupé dans un petit livret comprenant en plus la carte du parcours de Marcel, réalisée par Jérémiah et Quentin, ainsi que les remerciements à toutes les personnes qui ont aidé à la réalisation de cette première partie du projet. Les exemplaires réalisés ont vite été épuisés, ce qui a obligé la petite équipe présente à en faire de nouveaux : photocopier, percer les feuilles, c'est maîtrisé, mais pour ce qui est de mettre la baguette, les agraphes auraient été plus rapides...

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Les panneaux ont été affichés au fond de la salle de cours et y resteront jusqu'à la fin de l'année. Les voici en images.

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Maintenant, place à la biographie de Marcel Dixneuf. Bonne lecture.

B. C.


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De l'enfance au service militaire :

Marcel Dixneuf naît le 12 août 1893 à Boussay (Loire-Atlantique). Il est le dernier d'une famille de quatre enfants dont deux, Émile et Émilie, sont nés d'un premier mariage. Son père est marchand de grains à Boussay et a été maire de ce village de 1901 à 1904. Sa mère est ménagère. La famille habite à "La Gare", à Boussay.

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Marcel est le cadet d'une famille de quatre enfants. Emile est l'aîné, marié à Alphonsine et ila eu deux enfants : Emile et Anne-Marie. La sœur, Emilie, est mariée avec Pierre Foulonneau et a eu trois enfants dont Edouard qui est né le 13 octobre 1914 (Marcel en est le parrain). Les deux autres sont décédés après la guerre. Le père de Marcel, décédé le 16 avril 1914, a reçu un hommage du conseil municipal, ce qui prouve qu'il était apprécié par beaucoup.

Marcel est très croyant et fait partie d'un groupe de Jeunesse Catholique dont il ne ratait aucune de ses réunions.

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Il a dû avoir son certificat d'étude et il a travaillé comme comptable dans la droguerie de son beau-frère, Pierre Foulonneau, le mari d'Emilie. Vers 1913 il n'habite plus à Boussay mais à Pont-Rousseau où se trouve la droguerie.

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En 1913, il doit faire son service militaire, c'est un jeune homme de vingt ans qui mesure un mètre soixante-sept, qui a les cheveux châtains, les yeux marron et le visage rond.


La guerre approche :

Le conseil de révision (février-mars 1913) décide d'ajourner Marcel en raison de sa faiblesse physique. Lors d'une commission il est finalement classé « Bon pour le service ». Le 28 novembre 1913, il est incorporé au 66e régiment d'infanterie à Tours.

Marcel écrit à sa famille le 18 mai 1914, pour lui raconter qu'il se rend dans un camp d'entraînement. Il sera de retour le dimanche 31 mai, jour de la Pentecôte.

Quelques jours avant les manœuvres, il a un quartier libre, au cours duquel il se rend à Poitiers avec deux de ses camarades. Ils visitent Poitiers et ses alentours. Ils croisent la course cycliste Bordeaux-Paris. Cette année-là le cycliste belge, Paul Deman, remporte la victoire. Marcel l'a peut-être vu et peut-être même l'a-t-il encouragé ?

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Ils vont à un champ de manœuvres pour voir des aéroplanes (avions) et ils voient aussi des biplans (avions à deux paires d'ailes). Le 7 juin 1914, Marcel prend la garde pour la première fois, il le dit dans sa lettre du même jour : « J'ai pris la garde pour la première fois de vendredi à samedi. ». Marcel a failli partir à la section de secrétaires d'état-major mais il n'a pas eu de chance, le fourrier a oublié de l'inscrire ! Cela aurait peut-être pu lui éviter d'aller au combat, au moins au début.

Le 1er août 1914, Marcel est à Tours pour les préparatifs de la mobilisation. Au 3e jours de la mobilisation, il quitte la caserne pour laisser la place aux réservistes mobilisés et loge « dans une caserne de passage ou des écoles en ville ». La tension monte, Marcel écrit : « On ne laisse plus passer à la grille les parents des soldats qui viennent pour les voir ». Le régiment se prépare à partir à la guerre.

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L'année 1914 :

Le 2 août 1914 est un jour important pour Marcel Dixneuf : c'est la mobilisation. Le lendemain la guerre est déclarée par les Allemands, pour Marcel c'est le début des opérations militaires. Il participe aux préparatifs mais il pense aussi à sa famille, « ma chère petite Emilie quand tu liras ma lettre Léon sera certainement parti, peut-être même que Pierre [Foulonneau, mari d'Emilie] aussi (...) ». Marcel part de Tours et il arrive le lendemain en Meurthe-et-Moselle.

Le 66ème est affecté à la défense de Nancy. Ce n'est que le 15 août que Marcel tire son premier coup de feu sur un aéroplane. Surtout, ce jour là il attaque Nomény avec son régiment.
Dix jours plus tard, Marcel combat à Champenoux et participe à l'attaque du Bois-de-Morel. Il a survécu à ce premier mois de guerre si meurtrier. Son sac à dos l'a protégé, il a retrouvé trois balles allemandes fichées dedans.
Un mois après le début de la guerre, Marcel voit les premiers morts allemands. Les Allemands bombardent le Bois d'Herbeuille où se trouvent Marcel et son régiment. Il embarque le 4 septembre pour aller dans l'Aube. Il combat quatre jours plus tard à Fère-Champenoise pendant la bataille de la Marne puis participe à la poursuite des Allemands qui ont été repoussés. Il se bat une dernière fois à Aubérive, toujours dans la Marne, le 26 septembre avant d'embarquer dans la nuit du 21 au 22 octobre pour la Belgique.

Quatre jours plus tard le régiment de Marcel attaque Poëlcapelle en Belgique, deux jours après les Allemands bombardent la tranchée où est Marcel. Dix jours plus tard, Marcel est dans les tranchées de Zonnebeke, pendant une dizaine de jours le régiment subit plusieurs attaques. Les pertes sont terribles, Marcel est indemne. C'est pendant cette période que Marcel est nommé caporal, le 6 novembre, puis sergent le 17. Cela montre qu'il est apprécié par ses supérieurs qui lui donnent des responsabilités.

Pour Marcel les jours suivants sont assez calmes à Zonnebeke et cela jusqu'au 26 décembre où il change de compagnie. Il passe Noël dans les tranchées d'où il prend le temps d'écrire à sa sœur. « ... Je veux t'envoyer aujourd'hui puisque je n'aurai pas le bonheur de te les porter moi-même mes souhaits et mes vœux pour le nouvel an ! Que l'année qui va commencer soit pour notre famille meilleure que l'année 1914, qu'elle nous amène bientôt la paix et nous rende à tous ceux que nous aimons tant. Espérons qu'avec la grâce de Dieu cela viendra bientôt. Prions-le donc toujours pour cela et il ne saura résister à nos prières ! Qu'il donne aussi à tous une excellente santé et par la suite une vie longue et heureuse ! (...) ».

Après le réveillon, Marcel se dirige vers Ypres où il assiste à l'exécution d'un soldat. Il change de compagnie, assiste à l'exécution d'un soldat du régiment. Il écrit le 27  à sa sœur : « Ce matin, nous sommes allés, tous ceux du 2e bataillon, assister à l'exécution d'un soldat de la 3ème compagnie qui avait abandonné les tranchées et était retourné en arrière pendant huit jours ! J'en garde un bien triste souvenir ! Il est arrivé avec un aumônier et les hommes de garde et fuma une cigarette jusqu'au dernier moment. Lui même commanda le feu. En joue ! Feu !! et tomba criblé des balles des douze soldats formant le peloton d'exécution. Un officier tira deux coups de revolver dans la tête de l'exécuté comme cela se fait paraît-il habituellement ! En retournant, nous sommes passés près de lui et nous avons présenté les armes ! Je t'assure que je ne désire pas en voir d'autres car c'est bien triste. Je me souviendrai longtemps de cette journée. ».

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PO_162Extrait de la lettre envoyée le 27 décembre 1914 à sa sœur Emilie.

Le lendemain, le parcours de Marcel est interrompu : il est blessé au bras droit par un éclat d'obus.


L'année 1915 :

Marcel est blessé au coude droit par un éclat d'obus et envoyé à l'hôpital le 28 décembre 1914. Il est ensuite évacué et le 31 décembre il arrive à la gare de Nantes-Orléans. Il entre à l'Hôtel-Dieu à six heures du matin.

Il reste à l'hôpital jusqu'au dix février, il note d'ailleurs dans son carnet qu'il se fait retirer son pansement ce jour-là. Une semaine plus tard il sort de l'Hôtel-Dieu pour entrer dans un petit hôpital, qui n'a que vingt lits, l'hôpital Jean V.

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Un mois plus tard il sort de cet hôpital. Marcel rentre au dépôt le 25 mars mais dès le 23 avril, il repart à l'hôpital Saint-Gatien de Tours : sa blessure n'est pas encore guérie. Les 26 et 27 août, il quitte l'hôpital Saint-Gatien et va au dépôt des convalescents. Il part le 28 en convalescence : il ne précise pas où il va mais il va sûrement voir sa famille. Mais il n'a pas pu voir son frère Léon qui repart ce même jour au dépôt avant d'être renvoyé au front.

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Le 19 septembre, il entre au dépôt et attend d'être renvoyé au front. Le 5 octobre il part de Tours pour aller au front en Artois, toujours au 66e régiment d'infanterie.
Le 30 octobre il note dans son carnet qu'il participe avec son régiment à une revue, à 8h00 du matin, devant le général Durbal.

Le samedi 20 novembre, à seize heure, il est blessé une nouvelle fois, à la tête.

 


L'année 1916 :

Sa blessure n'entraîne pas d'évacuation. Marcel et son régiment restent autour de Nœux-les-Mines. Puis ils changent de secteur. Le 18 décembre, dans l'après midi, Marcel part en reconnaissance dans un nouveau secteur. Ensuite il fait de nombreux déplacements jusqu'au 7 février où il arrive aux tranchées. Le 8 février Marcel tombe malade et il est évacué. Il est évacué une seconde fois cette année-là, le 6 avril. Il arrive à Breteuil, à l'ambulance 24/6. Le 16 mai il quitte l'hôpital et il a une permission pour rentrer à Boussay. Le mois de juin est difficile pour Marcel car dès qu'il est rétabli, il suit un entraînement à Châlons pour devenir grenadier.

 

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Marcel, blessé pendant ses cours par l'explosion d'un mortier Dormoy-Chateau, est évacué à l’hôpital de Châlons. Suite à cette blessure Marcel obtient une autre permission pour retourner à Boussay le 20 juillet. Le 21 juillet, il passe une visite médicale à l'Hôtel-Dieu et il y est gardé. Le 6 septembre il passe une nouvelle visite médicale et comme il va mieux il peut rentrer chez lui. Il profite peu de son séjour familial car trois jours après on le renvoie au front. Cette année 1916 a été mouvementée : Marcel a été malade, a été blessé deux fois et il s'est beaucoup déplacé. Il a échappé à la bataille de Verdun.

 


L'année 1917 :

Marcel revient de permission le 9 décembre 1916. Il arrive au front, en première ligne, le 24 décembre, à Bouchavesnes dans la Somme. Le 16 janvier 1917, son régiment est relevé par les Anglais. Le 66ème régiment d'infanterie est transféré dans l'Aisne. Marcel assiste à une messe, avec les Russes, dans le camp où ils s'entraînent avant la grande offensive d'avril 1917. Sur les photographies ci-dessous est mentionnée la présence de Léon. Après la messe il écrit une carte postale à sa famille dans laquelle il note : « Deux mots seulement pour te rassurer sur notre sort nous sommes au même pays, notre départ ayant été retardé. Nous ne savons pas quand nous partirons maintenant, mais le bruit court que nous rentrerons en ligne le 20 au plus tôt et seulement si nous faisons la trouée, ce qui est peu probable. Donc ne te tourmente pas pour nous ». Il écrit « nous » car depuis le 16 décembre 1916 son frère Léon est dans le même régiment que lui. De février à mai, Marcel est à l'arrière sur le Chemin des Dames, puis il part au front pour l'offensive d'avril 1917. Entre le 5 et le 20 mars, Marcel participe à une messe dans le camp de Mailly où se trouvent également des soldats russes.

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Le 8 mai, après de longues semaines d'entraînements et d'attente, à 17h00, le régiment de Marcel attaque les tranchées allemandes et les Allemands contre-attaquent. Pendant les combats, Marcel est blessé à l'épaule droite par une balle. Il commande alors un groupe de nettoyeurs de tranchées chargé de faire des prisonniers. Il réussit à faire quinze prisonniers et il reçoit pour cela une citation à l'ordre de l'armée : « Le 8 mai 1917 commandant un groupe de nettoyeurs de tranchées a rempli brillamment sa mission faisant quinze prisonniers. Excellent sergent qui s'est toujours signalé par son courage ».

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Du 15 au 27 mai, il est en permission, il retourne dans sa ville natale, à Boussay. Le 10 juillet, il est au front au plateau des Casemates sur le Chemin des Dames.

Du 18 juillet au 21 juillet, il est en permission. Marcel part en voyage à Vallet (où habite au moins une tante). Le 12 septembre, Marcel est passé en revue par le général Pétain et le général Castelnau. Le général remet une fourragère à la 18e Division d'infanterie dont faisait partie le 66e régiment d'infanterie. Le 30 septembre, Marcel se rend à la fête du bataillon, il est dans le quartier Balfournier. Il est ensuite en permission du 7 au 20 novembre dans sa famille à Boussay. Il retourne en première ligne le 22 novembre puis est relevé le 26 novembre.


L'année 1918 :

Du 1er janvier au 17 avril 1918 Marcel est à l'école de commandement de section pour devenir officier : il est très bien vu par ses officiers et en tant que sergent il a été estimé qu'il ferait un bon officier.

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Le 20 janvier il quitte Ecrouve pour continuer l'école de commandement de section à Toul. A partir du 17 avril il est sous-lieutenant, ensuite il part en permission, il rentre chez-lui à Boussay.

Le 15 mai sa permission est terminée et il retourne au front au 66ème régiment d'infanterie, le régiment dans lequel il est depuis le début de la guerre.
Le 5 juin 1918, alors que le 66ème est au repos, Marcel écrit dans une lettre que le régiment a été attaqué par des avions. Ils ont perdu un sergent de la compagnie. Marcel est fier d'expliquer qu'il a été invité à dîner avec les nouveaux officiers chez le colonel qui commande le régiment. Marcel ainsi que ses camarades auraient préféré dîner ailleurs, ce dîner ayant été « un peu cérémonieux ».

« Le 9 juin, à une heure du matin les Allemands bombardent autour du village avec des gros obus à gaz » nous apprend l'historique du régiment. C'est le début d'une nouvelle offensive allemande. Le 66ème est en première ligne à Gournay-sur-Aronde.

Le 13 juin, Léon envoie une lettre à sa femme en annonçant la mort de Marcel. Il écrit : « Marcel avec sa section avait été envoyé en renfort du premier bataillon, le sien étant en réserve, nous avions déjà reculé les boches avançaient, il croyait en se portant en avant trouver la première compagnie, mais dans un champ de blé, il se heurte à des boches, aussitôt, il se replie légèrement. Marcel se met avec sa section face aux boches aussitôt il reçut une balle en plein front (il était à genoux, je crois), il poussa un léger cri, tombe sur le côté, il n'était plus! Il n'avait pas souffert. »
Le corps de Marcel peut être récupéré et il est finalement enterré au cimetière de Hemevillers à quelques kilomètres des lignes.

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Quelques jours plus tard, Léon va sur sa tombe. Aussitôt il se jette à genoux, il embrasse cette terre fraîchement remuée et qui recouvre celui qu'il aimait tant. Après avoir fleuri la tombe il prend un peu de terre ainsi que quelques petits morceaux de bois de la croix. Dérisoires souvenirs d'un frère tant aimé.


Le souvenir de Marcel Dixneuf :

Le dimanche 1er mai 1922, à Boussay, la paroisse organise une cérémonie en l'honneur de Marcel. Le bulletin paroissial est consacré à cette cérémonie.
Une messe est dite, puis le corps de Marcel est inhumé dans le cimetière de Boussay. M. D. Heulin s'avance près de la tombe et lui adresse un salut du plus profond de son cœur. M. Auguste Chéneau, secrétaire de l'Union des Combattants de Boussay, exprime ses meilleures pensées : « C'est le cœur ému, qu'au nom de l'union des combattants, j'adresse devant la dépouille mortelle du lieutenant Marcel Dixneuf, chevalier de la légion d'honneur, un suprême hommage à l'héroïque soldat, un dernier et fraternel adieu au cher camarade que tous appréciaient et aimaient. » Le lieutenant Sautjean a exprimé son admiration pour son camarade.

Aujourd'hui, en 2011, Marcel Dixneuf est toujours dans la mémoire de Boussay. Son nom est inscrit sur le monument aux morts dans le cimetière ainsi que sur une plaque dans l'église de Boussay.

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Le souvenir dans la famille.

Madame Morand, la petite fille d'Emilie, qui nous a prêté les documents, savait que sa grand-mère avait perdu son jeune frère durant la guerre 14-18 mais son père, qui était son filleul, ne l'a pas du tout connu. De plus, sa grand-mère a perdu deux jeunes enfants et ce sont ces deuils qui l'ont beaucoup affectée. C'est récemment qu'elle a découvert dans une vieille boîte en raphia ces lettres que nous avons reçues.
Une autre personne de la famille de Marcel, madame Sourisseau, petite fille d'Emile (frère de Marcel mort en 1919) a aussi été contactée et avait connaissance de cette histoire, mais avec finalement peu de détails. Malgré tout, presque cent ans après sa mort, le souvenir de Marcel Dixneuf existe toujours dans la famille.

Les traces de Marcel aujourd'hui.

La tombe de Marcel et de ses parents n'est plus dans le cimetière de Boussay. Il y a tout de même encore celle d'Emile, son frère, celle de sa belle-sœur, Alphonsine, ainsi que celle de Léon et sa famille. Le nom de Marcel est tout de même gravé sur le monument aux morts de Boussay ainsi que celui d'Emile qui est mort dès 1919 des suites du conflit. Ainsi, Marcel ne fut pas la seule victime de la guerre de cette Première Guerre mondiale : deux des trois fils d'Emile Dixneuf père sont morts à cause de cette guerre. Une famille endeuillée parmi tant d'autres.

Notre travail.

Cent ans plus tard, 24 élèves écrivent biographie de Marcel pour rassembler tous les détails de sa vie et de son parcours et surtout pour que son souvenir ne soit pas conservé que dans une boîte de raphia.

Classe de 4eF du collège Anjou, octobre 2010, mars 2011.


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Rédaction de la biographie : Manon, Sullivan, Thomas B., Amandine, Charlène, Azalaïs, Adem, Pressilia, Marine, Brayan, Guillaume, Maxime, Solène, Thomas H., Jean Eugène, Mathilde, Sébastien, Jérémy, Kevin, Bryan, Léa, Angélique, Quentin.


Réalisation de la carte : Jérémiah et Quentin.

Remerciements :
A madame Anne Morand pour le prêt des documents, l'autorisation de les utiliser et de les publier. Rien n'aurait été possible sans elle.
A madame Chantal Sourisseau, autre membre de la famille de Marcel Dixneuf.

A madame Confiac, principal du collège, pour son soutien sans faille à ce projet.
A mesdames Herjean et Moulay, de l'intendance du collège, pour leur aide administrative toujours aussi utile et efficace.

A Jean-Pierre Chauvin de l'association des Amis de Boussay pour l'envoi de nombreux documents sur le village.
A la commune de Boussay pour les copies des actes d'état civil.

A Marc Barbiéri et Gaël Pavageau du forum Pages 14-18 pour leurs photographies de Boussay.
A Christian Terrasson du forum Pages 14-18 pour sa photographie de la plaque à Tours.
A Nicolas Philippe du forum Pages 14-18 qui a répondu immédiatement à notre de mande de photographies du dossier d'officier de Marcel Dixneuf au SHD de Vincennes.
A Magali Fontan du forum Pages 14-18, pour la mise à disposition du livre d'Henri Evein.

A Albert Hugues, enseignant du service éducatif des Archives départementales de Loire-Atlantique, qui nous a aimablement fait parvenir une copie de la fiche matricule de Marcel Dixneuf et à monsieur le médiateur du patrimoine Didier Besseau pour l'envoi des fiches matricules des deux frères de Marcel.

A toutes les personnes qui ont suivi et encouragé la réalisation de ce travail.

Evidemment aux élèves de 4e F qui, sans l'avoir choisi, ont mené à bien ce projet.

Sources :

Toutes les illustrations, sauf mention contraire, sont propriété de Madame Morand et ne peuvent être réutilisées sans son autorisation.

- Carnet de Marcel Dixneuf.
- Correspondances de Marcel et de Léon Dixneuf.

- SHD, dossier d'officier de Marcel Dixneuf, 5YE 121311.
- AD44, fiche matricule de Marcel Dixneuf, 1R287/0539.
- AD44, recensement de la population, 1901, Boussay, page 23.
- AD44, recensement de la population, 1906, Boussay, page 22.
- AD44, recensement de la population, 1911, Boussay, page 22.
- AD44, recensement de la population, 1921, Boussay, page 20.

- JMO du 66e RI, SHD, 26N657.

- EVEIN Henri, Gloire et mouscaille, éditions Berger-Levrault, Paris, 1933.
- PINEAU Fabien, Historique du 66e RI, Imprimeries Ballot et Garron, Tours, 1919.