Cette huitième séance avait pour principal objectif, dans la continuité de la séance 7, de permettre aux élèves d'avoir une vision plus fine de la réalité de la guerre, de son horreur alors qu'ils n'en ont bien souvent qu'une vision simpliste et très partielle.

Afin de leur permettre d'écrire de manière plus réaliste, avec un vocabulaire précis, la séance a été divisée en deux : un apport de vocabulaire et quelques explications sur la guerre de tranchée suivi d'un travail en groupe sur un document.

Les mots de la guerre de tranchée :

Jusqu'à présent, à part les bribes qu'ils ont pu voir personnellement (images, films, reportages), la Première Guerre mondiale n'est qu'une guerre dans laquelle des hommes ont creusé des fossés face à face. Certes, les premières images vue la semaine dernière ont pu affiner un peu cette vision, mais il paraissait indispensable de se confronter à la réalité du mot. La question de certains élèves sur les images de Courcelles demandant s'il s'agissait d'une tranchée rendait d'ailleurs ce travail urgent.

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A l'aide de quelques images, les élèves ont pu se faire une idée plus précise de ce qu'est une tranchée, un réseau de parallèles reliés par des boyaux, protégé par des réseaux de fil de fer ou de barbelé séparé des lignes ennemies par le no man's land. Avec quelques mots complémentaires (caillebotis, parapet par exemple), ils disposent désormais d'un petit peu de vocabulaire dont ils auront très vite à montrer qu'ils savent le réutiliser. En rentrant dans la salle, les volets étaient fermés, la pièce dans le noir, juste éclairée par le vidéo projecteur montrant au tableau une photographie aérienne d'un petit morceau du front. Le dialogue fut très vite engagé sur le cliché qui permis de voir à quoi ressemblaient les réseaux. Le second cliché leur permis une vision nette de l'intérieure d'une tranchée bien aménagée, son échelle était fournie par un homme à l'arrière plan. Le pourquoi des aménagements visibles permit de discuter des conditions de vie et de travail. Puis se posa la question de ce que voyaient les hommes dans ces tranchées, ou plus précisément, ce qu'ils pouvaient voir du parapet. La discussion fut plus longue que prévue sur le rôle de ce réseau de fil de fer, le pourquoi de ces poteaux penchés.

 

Après 30 minutes sur ces questions, les élèves se mirent par groupe de trois pour continuer le travail introduit la semaine dernière : comment les combattant exprimèrent-ils la réalité, l'horreur de la guerre ?

Montrer l'horreur de la guerre :

Le travail sur la forme reprenait ce qui a été fait lors de la séance 7 : un document et quatre questions afin d'orienter le regard des élèves vers la réalité de la guerre montrée par les combattants.

Deux tableaux furent sélectionnés, « La partie de cartes » de Fernand Léger, « La guerre » d'Otto Dix, en raison de leur force évocatrice et par ce qu'ils ne sont pas trop difficile à interpréter même pour des personnes ayant peu de connaissances – pour l'instant - sur le sujet.

Pour les textes, des poèmes et des extraits de romans autobiographiques furent étudiés : un extrait de Genevoix, un de Pézard, un de Bernier pour les romans, des poèmes de Julien Vocance (les fameux haïkus), un poème de Louis Regnaut et un dernier d'un poilu du 66e RI, extrait du journal de tranchée du régiment le « Sans tabac » afin de montrer que Marcel Dixneuf, même s'il n'est pas au centre des activités actuelles, n'est jamais loin.

Le travail consistait en 4 exercices différents :

  • Déterminer le type de document ;

  • Décrire ce qui est raconté ou montré par le document ;

  • Expliquer comment l'auteur montre l'horreur de la guerre ;

  • Donner un titre à l'extrait ou à l’œuvre.

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Initialement, 8 groupes avaient été préparés, mais en raison de l'absence de trois élèves, seuls 7 furent constitués.

 

Au bout de 50 minutes de travail, les productions collectives furent relevées (et évaluées dans la foulée). D'inégale difficulté, le résultat est de qualité inégale cette fois-ci. Plus en raison de problèmes dans le groupe que de difficultés de compréhension. En effet, nos passages fréquents dans chaque groupe nous permirent de constater que la compréhension globale des documents ne posait pas de difficultés, mais que c'est l'aspect plus « scolaire » des réponses attendues et la nécessité de mettre en forme ses idées qui ont bloqué deux groupes. Un troisième bloqua rapidement sur le sens du texte, n'arrivant pas, clairement, à mettre des images mentales sur ce qui était décrit, ce qui rendit difficile l'exploitation. Le travail sur un champ lexical arriva un peu tard pour aboutir à un résultat correct.

Pour le groupe travaillant sur le texte de Genevoix, ce fut la longueur de l'extrait qui fut source de difficultés. Le groupe fut extrait de la classe pour entendre une lecture complète du texte et poser les questions nécessaires à sa compréhension, ce qui permit d'arriver à un résultat tout-à-fait correct.

 

Les groupes travaillant sur les tableaux eurent plus de facilités à trouver les éléments visuels montrant l'horreur, mais finalement furent ceux qui réussirent moins la mise par écrit.

 

Au contraire, les groupes travaillant sur les poèmes réussirent à mettre en évidence la construction ou la thématique des œuvres, en particulier le groupe qui travailla sur le poème publié dans le « Sans Tabac » dont le travail sur la répétition des vers prit tout son sens grâce à une astucieuse mise en couleur.

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Retrouver Marcel Dixneuf :

La semaine prochaine, les élèves présenteront les œuvres sur lesquelles ils ont travaillé puis retrouveront Marcel Dixneuf afin qu'ils fassent un travail que Marcel ne parvint pas à faire : prendre la place de Marcel et raconter à sa famille, dans un morceau de lettre, l'horreur de ce qu'il a vécu.

B. C.