Connaîtrons-nous un jour à quoi ressemblait Marcel Dixneuf ?

C'est la question que les élèves auraient pu se poser si, comme cela a surpris les enseignants, ils avaient vu en arrivant ce matin le mot laconique suivant :

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Alors que ladite salle était réservée depuis des lustres afin de ne pas se retrouver sans le jour venu, et bien nos précautions ont été bien inutiles. Pas de stress pour autant : nous avions prévu une fois encore une séance bien dense et un plan B (comme il faut toujours le faire lors d'une séance en salle informatique en raison des pannes toujours possibles du réseau, ou d'un imprévu... comme aujourd'hui).

Travail sur la biographie :
Le travail aujourd'hui s'est décomposé en trois parties. La première a été un travail sur la biographie d'un des derniers poilus français, Jean Grelaud, extraite du site Ders des ders, ou les derniers survivants de la guerre 14-18. Etudiée en cours de français, cette biographie a permis aux élèves de mieux cerner les impératifs pour une biographie réussie. Avant toute chose, un peu d'organisation, de classement des éléments disponibles, afin d'éviter un texte trop brouillon et au final illisible. Ensuite, quelques passages obligés : la vie avant guerre, le parcours pendant la guerre, la vie après guerre. Finalement, une dernière partie apportant des éléments plus sensibles, comme des anecdotes, des particularités de la vie de cette personne, des détails qui permettent d'aller au-delà des faits et de faire ressortir de la vie.

Le début de l'IDD (la première heure !) a donc été consacrée à la réécriture une fois encore de la biographie, mais plus de manière individuelle. Les élèves se sont mis par deux (comme dans la majorité des activités depuis le début de cet IDD) et ont eu du temps pour écrire leur biographie. Les travaux individuels réalisés jusqu'à présent ont montré que les élèves gardent en mémoire des éléments de la vie de la personne qui sont parfois différents de leurs camarades. Et le travail à deux permet un contrôle mutuel et un échange d'idées qui permet le plus souvent un résultat beaucoup plus riche que seul face à sa feuille.

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Afin de réaliser une biographie organisée comme vu plus haut, ils devaient d'abord sélectionner  à l'aide de trois couleurs ce qu'il pouvaient réutiliser de leurs précédentes productions (une couleur pour la partie état civil et vie avant la guerre, une pour son parcours pendant la guerre, une pour ses convictions, son caractère, des anecdotes...). Cela donna des documents colorés, mais le plus difficile était de reclasser le tout sans rien oublier :

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Au bout d'une heure, les élèves étant en plein travail, il a été décidé de leur laisser la dernière demi-heure pour achever leur production. Ce n'est pas encore cette semaine qu'ils verront qui était Marcel Dixneuf. Dans deux semaine, promis !

Biographie réalisée par Marine et Azalaïs :

Frédéric Emile Dixneuf est l'ancien maire de Boussay de 1901 à 1904. Il habitait à "La Gare" à Boussay avec sa compagne Delphine Félicité Marchais qui était ménagère. De cette union est né Marcel Alexis Marie Dixneuf, cadet de la famille des Dixneuf. Marcel est né le 12 août 1893.

Particulièrement instruit et intelligent, il sera comptable après avoir eu son certificat d'études primaires. Marcel est un homme d'1 m 67, ses yeux sont marrons, ses cheveux châtains, son visage est rond et son nez rectiligne et il n'a pas la barbe. Delphine a donné naissance à trois autres enfants : Emile, Emilie et Léon. Marcel est catholique, il prie et se confesse, est parrain du fils d'Emilie, Edouard Foulonneau.

Marcel a commencé son service militaire le 27 novembre 1913 dans le 66e régiment d'infanterie à la caserne de Tours.
Le 1er aout 1914, Marcel participe aux préparatifs de la mobilisation. Le 2 août, étant proche de sa famille, il écrit à ses frères et sœur "les grilles de la caserne sont fermées". il apprend l'assassinat de Jaurès qu'il n'apprécie pas et reçoit 50 francs en mandat de sa mère. Le 3 aout, il se confesse à Saint-Martin de Tours. Il part à la guerre à la 1ère compagnie du 1er bataillon du 66e RI. Le 15 août, il participe aux premiers combats à Nomény. Le 25 août, il combat à Champenoux. La 1er septembre, il voit les premiers cadavres allemands. Le 20 septembre, il apprend que son frère Léon est blessé, mais n'a pas le temps de lui écrire car il y a beaucoup de combats. Le 26 octobre, il participe à Poelcapelle en Belgique à un combat. le 6 novembre, Marcel devient caporal et le 18 novembre il devient sergent et dors dans un café sur de la paille.
Le 23 novembre, à Saint-Jean devant Ypres, il est en réserve. Le drapeau du régiment a été présenté aux nouveaux. les églises brûlent et il a reçu un colis. le 13 décembre, Marcel, très ingénieux, transforme une boite en fourneau pour faire du chocolat au lait à Hooge. Le 20 décembre, Marcel passe en première ligne à Zonnebeke et a reçu un colis. Le 23 décembre, à Zonnebeke, à quelques jours de Noël, il neige et Marcel a le moral dans les chaussettes. Le 24 décembre, il perd un ami de sa classe puis il y a un combat. Le 25 décembre, Marcel passe le réveillon avec ses camarades de première ligne. Il quitte ensuite la première ligne à 4h00. le 28 décembre, il est blessé par des éclats d'obus au bras droit. Le 17 décembre, il avait assisté à l'exécution d'un soldat.
Le 20 septembre 1915, il rentre au dépôt. le 5 octobre, il part en renfort. le 16 octobre, il est de retour au front, mais le 20 novembre il est blessé par des éclats d'obus à l'oreille gauche. Le 1er décembre, il est de retour à la 1ère compagnie. Le 6 avril 1916, il est blessé. le 2 juin, il repart en renfort. Le 21 juin, il est évacué pour blessure pendant un stage de grenadier. le 10 septembre il revient au dépôt divisionnaire, puis le 16 novembre Marcel part en renfort à la 1ère compagnie du 66e RI.

Le 8 mai 1917, il commande un groupe de nettoyeurs de tranchées et fait 15 prisonniers, mais est blessé par balle à l'épaule, non évacué. Le 1er janvier 1918, il commence les cours de chef de section à Toul.

Le 14 avril, il retourne au régiment et devient sous-lieutenant. Le 5 juin, bombardement aérien de nuit après le 4 juin un repas chez le colonel car il est "promu" sous-lieutenant. Le 19 juillet, il a été décoré car il a commandé une reconnaissance le 8 juin 1918.

En mai, il retourne à Boussay et à Nantes pour revoir sa famille.

Bien qu'inachevée, cet exemple montre qu'il est encore difficile de digérer et de restituer une telle masse d'information sans tomber dans le piège du catalogue. cependant, à plusieurs occasions, les élèves ont su sortir de ces longues énumérations et nous allons nous repartir de ces passages pour orienter l'écriture vers un style plus fluide, plus narratif que simplement factuel. Si les élèves savaient la masse d'informations qui est encore à notre disposition pour enrichir ce qu'ils ont déjà !

Pas d'IDD la semaine prochaine :

En raison du 11 novembre, les élèves n'auront pas cours jeudi prochain et donc pas IDD. Cependant, ils ont été invités, tout comme les élèves des classes de 3e, à venir participer en compagnie de leurs professeurs, aux cérémonies du 11 novembre à Sablé-sur-Sarthe.

Compte-rendu la semaine prochaine.

B. C.