MERCREDI 7 AVRIL 2010 :

4h55. Toute l'équipe est au complet et prête à partir. Le moment que nous attendions tous est là.
5h10 : départ. 11h20 : arrivée à Suippes, avec seulement quelques ralentissements sur la Francilienne (le gros stress est toujours le passage par Paris, encore plus un jour de grève quand on y arrive à 8h00 !).

  • Le Centre d'interprétation de Suippes :

Le Centre d'interprétation de Suippes ayant mis une salle à notre disposition, le livret rouge d'histoire et le carnet violet pour le français ont été distribués au chaud et ont pu être feuilleté à l'abri.

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Ensuite, le groupe a pu manger avant le début des visites.

13h00. Grâce à l'aide de l'équipe du Centre, il a été possible de proposer une visite thématique tout en ayant une mise en contexte de la visite à la main de Massiges que nous allions faire. Le groupe fut divisé en 2. La visite dura un peu plus de 2 heures (elle fut loin d'être exhaustive pour autant).

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Le début de l'immersion dans notre thématique fut faite à l'occasion de la seconde animation proposée par le Centre. Avant la projection d'une animation sur un assaut, monsieur Bondu fit la lecture d'un texte de Jean Bernier décrivant la difficulté de s'élancer à l'assaut, de cette jeunesse qui allait vers la mort ; toute le groupe étant dans le noir, la lumière ne revenant que pour l'animation.

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La suite du parcours fut plus classique et s'acheva par un travail sur le quotidien des hommes (l'assaut n'étant qu'un moment exceptionnel bien qu'étant le plus représenté dans l'imaginaire) réalisé grâce à la lecture d'un texte du soldat Simon Ragaru (dont les carnets furent publiés grâce au travail des élèves du club l'an passé). Précision importante : nous étions accompagnés tout au long du voyage par un invité, le petit-fils de ce poilu.

 

15h15. Direction Massiges où nous arrivons 35 minutes plus tard. A peine le temps de s'équiper des bottes et autres chaussures de marche qu'Eric Marchal, notre guide, arrivait.

  • Sur la main de Massiges :

Avant de nous rendre sur la main, M. Marchal nous a emmené à la cote 180 d'où le panorama permet une lecture du paysage. Des panneaux installés par ses soins et ses commentaires permirent de mieux comprendre le lieu.

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Ce fut aussi l'occasion de faire un rapide historique des combats sur le site. Monsieur Bondu y fit la lecture d'un récit patriotique sur la prise d'un doigt par le 23e RIC. L'objectif étant de casser cette représentation héroïque par la lecture d'autres textes lors de la randonnée sur la main.

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Ensuite, le groupe se rendit vers la main de Massiges. Suivant une route parallèle à un boyau qui montait vers le Cratère, les élèves écoutèrent une nouvelle lecture qui permit de montrer que la guerre était moins glorieuse que ce que le texte patriotique avait pu décrire. Elle fut suivie d'un premier moment d'écriture des impressions dans le carnet violet.

L'arrivée au Cratère fut impressionnante à plusieurs titres. Le panorama, malgré un temps un peu bouché, est impressionnant, surtout le travail réalisé par M. Marchal et l'équipe de la toute jeune association de la Main de Massiges est tout simplement exemplaire. Plusieurs dizaines de mètres de tranchées reconstitués fidèlement. La craie blanche qui donne l'impression qu'elle est intacte.

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Après quelques explications, les élèves s'engouffrèrent dans la tranchée dont le fond, malgré le temps sec ce jour là, était légèrement humide. Ils écoutèrent la dernière lecture sur le besoin de s'enterrer pour se protéger et la peur de l'obus qui arrive. Ensuite, ils purent à nouveau leurs impressions. Second moment fort de la journée : silence absolu, nous sommes restés là un long moment sans rien dire.

Ensuite, les élèves purent faire un long tour du site et autant le dire, ils firent le tour, se montrèrent forts curieux. Le moment passé au cratère s'acheva par la visite de la tranchée des abris qui se trouve un peu plus bas et qui n'est pas reconstituée, ce qui permet de comprendre ce qui restait d'une tranchée non entretenue.

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De retour au Cratère, ils firent l'expérience d'écouter une chanson et de noter toujours dans le carnet violet leurs impressions. Un texte prend tout son sens quand il est lu ou écouté sur place.

Au retour après un regroupement à la vierge aux Abeilles, le groupe retourna au car et partit vers son hébergement. Il était 19h00.

  • Première soirée :

Arrivés à 20h00, le repas fut servi à 20h15. Rendez-vous fut ensuite donné à 21h15 afin d'achever la soirée. Le laps de temps permettant à tous de prendre une douche et de se reposer un peu.
La soirée fut consacrée à un travail sur un soldat décédé à l'abbaye de Benoîte-Vaux où nous étions hébergés et qui avait servi d'hôpital pour les malades contagieux. Plutôt qu'une simple lecture, nous avions décidé, avec la complicité d'élèves du club qui n'en avaient rien dit aux autres, de théâtraliser un peu la lecture. Chaque élève avait un rôle et lisait la lettre dont son personnage était l'auteur. L'objectif était de montrer qu'au-delà du décès d'un homme, c'était toute une famille, une fiancée et un réseau d'ami qui était affecté.

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A 22h30, les élèves partirent se coucher, afin de récupérer un peu d'énergie pour une seconde journée qui s'annonçait comme très intense également.


JEUDI 8 AVRIL 2010 :

Réveil à 6h30 pour un petit déjeuner à 7h30 et une mise en route du groupe à 8h00.
La matinée a commencé par un bilan de tout ce qui a été vu la veille. Ensuite, le groupe a travaillé sur une séquence du film "La vie et rien d'autre", celle du choix du soldat inconnu (toujours dans la thématique du souvenir, de l'individu à la nation).

Une seule question ne trouva pas de réponse : où ont été inhumés les 7 non choisis, transition non dite vers la première visite.

  • La nécropole nationale du Faubourg Pavé à Verdun :

Arrivés sur place vers 10h00, la visite a été divisée en trois moments : un premier autour de la grande croix autour de laquelle sont disposées les sépultures de 7 autres soldats inconnus. Nous avons alors décrit une sépulture française avant d'aller rendre hommage à l'un d'entre eux.

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Second moment, la lecture par Lise d'un texte écrit pour son arrière grand oncle, lecture suivie de la dépose d'une gerbe et du texte devant la sépulture. Puis nous avons fait une minute de silence. Nous nous sommes ensuite tous éloignés, dispersés dans la nécropole. Les élèves ont pu voir les autres types de tombes (pour soldats musulmans et juifs) tout en notant leurs impressions sur leur carnet violet.

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  • Chemin de relève à Verdun

Nous nous sommes ensuite rendus au point de rendez-vous avec notre guide du jour, Jean-Luc Kaluzko. Nous y avons mangé et, accompagné de M. Casanova, M. Kaluzko est arrivé et le groupe est parti à 12h30.
La montée est rude au départ, ce qui a scindé le groupe, tous les élèves ne marchant pas au même rythme.

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Quand le terrain est devenu plus plat, il est devenu boueux. Car tant la journée de la veille avait été correcte niveau temps, tant là nous n'avions pas les 15°C espérés et annoncés, mais 10 petits degrés et une bruine tenace (un temps meusien ?).

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Le groupe à MF2, au début de la randonnée

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Le groupe arrivant à Froideterre

M. Kaluzko nous a guidé à MF2, Froideterre, FT1, FT2. Les arrêts furent plus long à partir de FT2 (PC118) car Simon Ragaru y passa et combattit dans le secteur en septembre 1916. Ce fut donc l'occasion de lecture : une première pour montrer le résumé laconique écrit par Simon ("Avance à la grenade et attaque" ) comparé à ce qu'est la réalité intense des minutes qui précédent un assaut.
Le moment qui fut pour nous le plus fort de cette randonnée se déroula au PC119 (FT3) lors de la lecture de M. Bondu, magnifiquement illustrée par ce panoramique de monsieur Kaluzko.

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Le passage de PC119 à Thiaumont marqua la transition entre la position française occupée par Simon et la position allemande. L'arrivée à Thiaumont, après les explications, permis une dernière lecture : le ressenti de combattants allemands à la perte de leurs camarades dans un texte de Von Unruh. Le texte devant montrer aux élèves que les combattants connurent les mêmes souffrances de chaque côté et permettre de préparer à la vision du mélange des ossements de l'ossuaire de Douaumont.

  • L'ossuaire de Douaumont :

Pour donner une idée du choc que peut être la découverte de ce qui est visible par les fenêtres de l'ossuaire, plusieurs élèves nous demandèrent le sens du mot "ossuaire". Pour eux, il n'était pas imaginable qu'on recueille ainsi des ossements.
A 16h00, nous entrâmes dans le bâtiment pour faire une dépose de gerbe devant le caveau "Douaumont". Il s'agissait de rendre hommage à un combattant disparu dans ce secteur. Mallaury a  lu son texte, déposé son texte et la gerbe devant le caveau. Un long moment de recueillement a été fait et le glas a sonné. Puis nous sommes ressortis pour prendre l'air car c'était à nouveau un moment de grande émotion pour tous.

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Le groupe est ensuite allé voir le film projeté par l'ossuaire. Très bien fait, très pédagogique, mais dont le début et la fin secouent aussi.

  • Nécropole allemande de Dun-sur-Meuse :

Dernière étape de la journée, nous sommes arrivés vers 17h35 à Dun-sur-Meuse. Nous avons déposé une gerbe sur la tombe d'un soldat allemand qui habitait à Bückeburg, ville aujourd'hui jumelée à Sablé-sur-Sarthe. Afin de montrer symboliquement aux élèves que la page est tournée, que l'ennemi était aussi un homme.

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Retour à l'abbaye pour 19h15. Douche chaude, repas chaud et fin de journée passée à étudier le film "Fragments d'Antonin". Extinction des feux à 22h30.

VENDREDI 9 AVRIL 2010 :

Lever à 6h00 pour tout le monde, petit déjeuner à 7h00 pour un départ à 7h20. Autant dire que la nuit fut assez courte.
Nous sommes arrivés vers 11h00 à Vimy et nous avons commencé par un mot sur le secteur devant le mémorial de la Division marocaine et le secteur en 1917. Puis nous nous sommes rendus au mémorial canadien, en le contournant avant de le voir depuis le bas.

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La cérémonie du 9 avril était en plein préparatifs (plusieurs élèves ont regretté de ne pouvoir y participer, ils auraient été curieux de voir les cérémonies). Ils furent surpris par le grand nombre de Canadiens qui se trouvaient sur place. Venir de si loin quand le champ de bataille de Verdun est si vide.
Nous avons insisté sur la statuaire et la symbolique du monument. La tristesse n'a pas de frontière. La volonté de commémorer non plus.

Après un repas rapide, nous nous sommes rendus à la nécropole. Le temps chaud et clair donnait une image apaisante de la nécropole, le gazon à l'anglaise, le lieu impeccable et surtout fleuri. Les élèves ont vite notés la différence avec ce qu'ils ont vu la veille et le constat est terrible : un gazon impeccable et non rempli de mousse comme dans la nécropole allemande, des tombes identiques et propres alors que les tombes françaises sans identité au Faubourg Pavé sont nombreuses (et il semble que ce soit les attaches des plaques qui ne tiennent pas, à moins qu'elles soient simplement vides). Surtout le fleurissement dégage une toute autre impression, propre au recueillement et qui montre plus encore le soin apporté au souvenir.

Après les explications sur l'organisation d'une nécropole anglo-saxone, les élèves se sont séparés afin d'écouter une dernière chanson "Green Fields of France". La consigne était que chacun d'entre eux choisisse une tombe et s'assoie devant ou se tienne debout devant et pense au message de la chanson devant ce nom. Le nom de Willie Mc Bride pouvant être remplacé par n'importe lequel. Ils sont parfaitement rentrés dans l'activité, d'autant plus qu'ils devaient écouter deux fois la chanson, une fois en lisant les paroles anglaises, une fois en lisant la traduction. A noter que la majorité des élèves s'est placée devant des tombes d'inconnus, sans qu'une consigne ait été donnée à ce sujet.

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En marchant dans la nécropole, les élèves ont pu voir une plaquette plastifiée à la mémoire d'un soldat canadien déposée sur sa tombe. Trouver cela leur montra que notre démarche n'était pas unique et mettait nos cérémonies de la veille dans une logique plus grande, plus générale. Après lecture, ils replacèrent la fiche plastifiée en place. Combien de temps les nôtres resteront-elles ?

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Vu le peu de temps qui nous restait, nous n'avons fait qu'un tour dans la partie du champ de bataille conservé où les tranchées ont été bétonnées. Autant le dire la tranchée de la main de Massiges nous a tellement marqué que celles-ci en deviennent trop artificielles. Elles n'ont rien apporté de supplémentaires ; ce qui ne veut pas dire qu'il ne fallait pas les voir, tout comme les cratères de mines. Si nous avions eu un peu plus de temps, décrypter le paysage, lui donner du sens aurait donné une image bien plus positive de cette volonté de conserver ainsi les tranchées.

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Après un passage par Rouen plutôt que Paris, toute l'équipe est arrivée à Sablé-sur-Sarthe à 20h00 tout rond.

Au retour des vacances, les élèves devront nous rendre le paragraphe argumenté en Histoire et ils travailleront sur leurs impressions en cours ou en club.

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BCD.

Le livret pédagogique distribué aux élèves est téléchargeable au format pdf.